
Lydia Lehmann – Vivre debout. 65 poèmes au fil des jours, édition Ouverture
Pourquoi j’ai écrit ce livre
Un des aspects que j'apprécie particulièrement dans l'art poétique, c'est la liberté de pensée et l'innovation qu'elle permet et auxquelles elle invite. On peut mettre des mots inhabituels, surprenants sur un vécu, faire un lien entre une expérience incroyablement intime et la théologie ou la philosophie. On a le droit de balbutier, d'inventer, d'émettre des hypothèses en rime ou vers libre, en suivant le rythme de la langue, de la respiration. Chaque mot compte, mais bien différemment que dans la formulation d'un dogme.
C'est à cela que je me suis, modestement, attelée dans le recueil Vivre debout : penser sans oublier la dimension du cœur. Penser dans le cœur n'est pas sentir uniquement, mais penser et se laisser traverser par le courant de la vie. Penser pour avancer vers une théologie incarnée, qui ose parler de nos profondeurs physiques, émotionnelles et spirituelles.
Extrait - À la recherche du calme
Mon cœur gourmand de projets
tassé, secoué
à ras bord rempli de soi
Gonflé par l’appréhension d’être
de ne pas être
sans vivre tout simplement
Avoir recours à moi-même
mon mantra
depuis trop longtemps
Je trouve le calme convoité
en ta personne
quand j’arrête de fouiller
toutes les terres
Le peau à peau m’a apaisée
repue
dans les bras de ma mère
Recevoir ta vie
comme un nouveau-né
à chaque nouvelle aube
Le va et vient du souffle
une nouvelle mélodie
unique essence de ma vie
Lasse je m’arrête
sur une mousse printanière
au sein de ma mère Inspiré du psaume 131