
Pourquoi j’ai écrit ce livre
Mon dixième ouvrage : Mélopée des campanules, paru aux éditions Aga-L'Harmattan, Collection L'Orizzonte, est constitué de Tankas dans la pure tradition japonaise. Les premières traces de cette très ancienne forme poétique – qui domine la poésie japonaise pendant des siècles et pratiquée à la cour impériale – remontent au VIIᵉ siècle. Ses origines, issues de traditions orales japonaises, sont probablement encore plus anciennes. Il s'agit d'un art raffiné à l'émotion contenue, suggérant la brièveté, l'impermanence. La sincérité et la délicatesse du sentiment y prédominent. Le poème ne clôt pas le sens ; il ouvre un espace de résonance chez le lecteur. La suggestion laisse une part de silence et parfois d’inachevé. Le tanka classique, composé d’un tercet et d’un distique, comporte 31 syllabes réparties en cinq vers selon le rythme : 5 – 7 – 5 / 7 – 7
Extrait
Au bois, un oiseau
fugace, son chant ondule
en ramure ambrée
Diamantines étincelles
ruissellent sur les glycines
*
Naissent les soleils
sur la terre ensemencée
d’aurores nouvelles
L’arbre de vie s’enracine
pour que l’être resplendisse
*
J’entre dans ta ronde
aux marines arabesques
d’ondes purpurines
Bach en arpèges s’égrène
perles sur la voie lactée
*
Noyés si profond
dans l’océan de coton
mes pas sur la neige
Et je danse pour sauver
tout le bleu du ciel, froissé
*
D’un espace vide
hors le passage du temps
la vie amplifiée
L’instant se fige de tout
ce que le regard embrasse
*
Même en plein désert
étincelle Ta présence
son souffle partout
Espace jamais usé
jamais usé, tel le temps
*
Gammes inlassables
de sons, couleurs et parfums
d’aurore incendiée
Tourbillons de particules
dans l’éther répercutés