Astres en mouvement
D'abord, il y eut une panne d'internet. Le réparateur s'est annoncé mais le délai était de quatre jours. Il me fallait attendre son arrivée, un mardi d'octobre, à 14h30.
François est mort, précisément, ce mardi-là à 14h, au bout de sept ans de souffrances, liées à trois cancers.
Que s'est-il passé pour que je sois projetée dans un espace-temps indescriptible dans les derniers instants où François a basculé… dans l'éternité ?
Soudain, la sonnette a retenti ; j'avais complètement oublié ce rendez-vous. Le réparateur a fait son travail… et au moment de partir, je lui ai souri et lui ai dit que mon mari venait de mourir et qu'il fallait abréger les formalités.
En me regardant intensément, il m'a déclaré :
— Aujourd'hui, il y a un an jour pour jour, mon frère mourait, en prison. Il s'est suicidé.
Que s'est-il passé ? À cet instant, je fus inondée d'un amour comme un feu ardent qui me poussa à prendre ce jeune homme dans mes bras et à le serrer contre moi. Très lentement, je lui ai murmuré :
— Je demande à mon mari qu'il accueille votre frère… dans le royaume !
Puis j'ai ouvert mes bras et nous nous sommes considérés un très long temps.
Au moment de franchir le seuil, il a ajouté :
— Vous savez, ma mère… pleure tous les jours !
Que s'est-il passé ? Dans ce si bref échange, seulement l'amour ! Pour ce jeune homme et cette femme inconnue, un amour absolu, universel… un amour fort comme la mort ? Seulement l'amour, comme une grâce de consolation !
— Isaline Dutru