
Sylvie MONPOINT – Le délicieux mystère des fleurs, éditions Lazare et Capucine, mars 2026
Pourquoi j’ai écrit ce livre
Quand Charles Darwin découvrit à quelle vitesse les fleurs s’étaient multipliées et diversifiées à la surface de la planète, il qualifia ce phénomène d’abominable mystère des fleurs. Le délicieux mystère des fleurs sur lequel je me suis penchée est d’une autre nature. Depuis la nuit des temps, l’homme vit avec la fleur. Quel message la fleur souffle-t-elle à nos oreilles pour être si présente dans nos vies ? Pourquoi l’homme la dépose-t-il aux pieds de l’aimée, au chevet du malade et sur l’autel du temple ? Pourquoi l’homme offre-t-il une pluie de fleurs aux mères, aux mariés, aux champions, aux dieux et aux défunts ? Sans doute parce que l’homme sent, au fond de lui-même, en cet espace où le cœur devient silence, l’extraordinaire pouvoir des fleurs. En elles, tout est parole, tout est symbole, tout est obole, si l’on sait écouter, contempler, accueillir. Peut-être ces petites merveilles ont-elles été déposées à nos pieds pour nous faire prendre conscience du sacré de la vie…
Extrait
Les fleurs portent sur le drapé fragile de leur pétale toute la sacralité de la vie. Elles sont des soleils qui enluminent notre être, des trompettes qui sonnent l’entrée en lice d’un moment unique, des lampions colorés invitant à la fête, des papillotes étincelantes pour nos âmes d’enfants. Les fleurs sont un hymne à la vie. Quoi de plus vivant qu’un bouquet champêtre qui emporte avec lui, dans le tissage improvisé de ses tiges, feuilles, corolles, un morceau de ciel, une poignée de lumière vibrante, une odeur de terre, un ver gourmand et le bourdonnement d’un butineur entêté. Toutes les fleurs sont des oriflammes de la vie mais les fleurs des champs et des jardins, celles qui poussent en liberté, plus encore que les mondaines cultivées dans des serres à des fins commerciales et dont l’enfance fut quelque peu contrainte. Ce qui rend la fleur si vivante, ce sont les marques de la vie et les surprises qu’elle abrite, ce dont l’écrivaine Colette, amoureuse des fleurs s’il en fut, parlait si bien. Dans son recueil Pour un herbier, elle dit sa nostalgie du temps béni où les marchands vendait des roses imparfaites …