La consolation : Agnès Charlemagne (2/2)

29 / 09 / 2026
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Hier nageant dans la mer près du Vieux-Port de Marseille avec Edith, 10 ans, aux réparties majestueuses et à la voix de rivière, je demande si elle sait faire la planche ? « Oui ! », crie tout le corps vif sous lequel je glisse ma main plate grande ouverte. Aussitôt elle est étendue dans l'eau le cou en arrière, dos du crâne immergé. Elle frétille un peu, puis s'immobilise. « Regarde le ciel ! Il te regarde… » Je n'ai pas le temps de comprendre mes propres mots, que la réponse fuse : « Je vois son œil ! » Immense accord de l'enfance avec l'instant. « Ah, je ne le vois plus. Il est parti ! » Elle se retourne dans l'eau, comme Marie-Madeleine devant le Christ, et elle nage, comme la baleine protégeant Jonas pendant trois jours. Retrouvée l'éternité ! et déjà disparue ! La consolation ne se cherche pas, elle surgit à chaque instant.

— Agnès Charlemagne

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