Hospitalité des gouffres, Réginald Gaillard

20 mai 2021
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Livre sélectionné pour le Prix 2021 Ecritures&Spiritualités

Rien que le titre, déjà, « Hospitalité des gouffres »…  Choix de la poésie pour dire les ravins que nous traversons, dès l’enfance. Choix d’une certaine érudition pour découper en 5 parties ces 120 pages de courtes poésies : Kinderszenen, Acedia, Dies irae, Effata, Eléments épars pour une poétique.  Poésie sans rime mais non sans musique, aux références chrétiennes (Reginald Gaillard a reçu le grand prix catholique de la littérature 2018 pour La partition intérieure), poésie qui vous attrape par des images subtiles, des jets de lumières, des contrastes. Poésie enfin qui dessine un combat spirituel qui nous guette à chaque âge de la vie. Chacun connaît ses gouffres et cherche maladroitement à les apprivoiser. Réginald Gaillard nous invite à partager son chemin, confiant dans la capacité humaine à « voir dans la nuit du puits l’évidence du ciel et par poignée ses étoiles ». « Le reclus »  nous parle de la mort : La voix abandonnée d’un homme /éventré, à son corps mourant/ mais promis aux vents, arrache à l’or/ du silence quelques bibelots sonores/ de sa langue maternelle. « Le pécheur » : Que dessinait cet homme sur ce sol têtu/à genou, à la main une brindille brisée/ Demandait-il, humble et contrit/pour ses fautes, un pardon sans condition ?/ Peut-être dessinait-il, innocent, d’un peu de terre/ de lumière, un arbre et son ombre accueillante.  Une poésie de combat qui n’hésite pas (poésie X) à affronter des sujets sensibles : L’enfant jamais né/au corps de larmes, à sa mère apparait/caresse ses cheveux longs/pardonne à son regard/qui de lui s’est détourné/avant même de naître.

Je retiendrai enfin dans le poème « La percée des mots » cette ouverture « J’habite l’horizon – je n’y suis guère dérangé ».  Un recueil qui nous invite au « Ressassement de la mer » et à cette espérance « je vole au ciel le murmure de sa promesse/jamais tenue- et cela pour tenir me suffit ».

Patrice Obert

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