Écrire le souffle : Didier Ayres

18 / 03 / 2026
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depuis Austerlitz comme un somnambule

La Seine
Une poche de verre mon âme
La ville elle aussi gît dans un Murano
Les granits de la rue sont des organismes
Ce qui reste c'est l'ouvrier des cristaux
L'ange blanc de Maurice Denis qui passe le mur des jardins.
Les nouveaux autobus de la ville de Paris roulent au gaz capsules d'air enivrant
Ici dans l'aquarium de L'Européen
Je n'échappe pas à la quadrature des miroirs
Quelques verres pleins d'une boisson bizarre
Un Perrier aussi
Et les véhicules qui soufflent l'asphalte.
Cette respiration construit les immeubles des vainqueurs
Bateaux illustrant le blason de Paris
Se propagent dans les corps
Le boulevard un amoureux.
Ce sont des serveurs de glace où s'exerce la beauté
Qui versent des copeaux de Baccarat comme on le ferait d'une eucharistie.
Les deux heures de ma vie d'ici-bas sont des arches
J'y retrouve mêlés la fatigue et l'amour
Maintenant que je suis dans l'aquarium du Mac'Donald.
Je considère la foule comme des bulles
Et cela ressemble à ce décor du Blade Runner de Scott
La ville un agrégat de bâtiments qui brillent qui brûlent pour le triomphe de Paris
Car sa beauté est entravée et sereine.
Observer quand la respiration s'arrête là au centre du cœur
Le voyage depuis Vierzon couronné
Là dans la démesure de l'air
Les villes restent soufflées les ampoules feux tricolores voitures d'un monde de gloire lumière bleue clignotante des Sapeurs-Pompiers ou de la Police Municipale.
J'ai peu dormi
À côté de moi le jouet de Noël de la surprise Mac'Do un tyrannosaure de plastique
Monde et civilisation de la réussite
Que n'ai-je cette simple coupe à pied de Murano !
Je suis au bord de ce débordement de Paris
Son avenue est un corridor
Un moment de suspension ainsi que celui de la station de Solaris de Tarkovski
Et puis des voitures espèce d'étoiles.

— Didier Ayres

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