Le dernier souffle
Quand tu as donné ton dernier souffle, en me serrant la main, tu ne savais pas où te conduirait le chemin. Tu es partie légère, sereine comme une reine préparant son entrée dans l'arène, attendue avec ferveur par ses admirateurs.
Quand tu as offert ton dernier souffle, j'étais à tes côtés, seul, te faisant écouter les voix, les chœurs, les polyphonies et symphonies qui produisaient dans ton corps, dans ton cœur, vibrations, couleurs et saveurs.
Quand tu as émis ton dernier souffle, il était à peine audible, perceptible comme un départ en douceur vers les profondeurs.
Quand tu as livré ton dernier souffle, je suis resté encore longtemps seul à tes côtés pour pleurer, goûter la chaleur de ta peau, caresser ton front, tes cheveux, tes mains jusqu'à la couleur rouge du vernis de leur extrémité.
Quand tu as exhalé ton dernier souffle, j'ai fini par appeler nos garçons. Un peu avant minuit, ils se sont épanchés sur ton corps endormi, le souffle parti, l'âme libérée, l'esprit éveillé, flottant vers l'horizon de lumière tellement plus clair.
Quand tu as rendu ton dernier souffle, je ne savais pas que dans la mort, il y avait un mystère, celui de la vie, celui de nos vies qui allaient s'en trouver transformées grâce à toi, avec toi, autrement présente, vivante, aimante.
Le 20 02 2026
— Claude Guichet