Écrire le souffle : Annick Combier

18 / 03 / 2026
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Au souffle du silence

Matin nuageux, la paix accompagne le ressac de la mer turquoise assombrie de gris après la tempête. Immobile face au large, j'écoute ce silence en Toi, l'au-delà au-dedans. Je goûte ce moment suspendu à la beauté de la lumière. Alors survient la parole Au commencement… le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.¹

Le souffle qui tournoie sur les eaux primordiales soulève la masse des flots au bleu changeant, là sous mon regard qui plonge au profond. En ramènerai-je des paroles de vie ? Je cherche la lumière et ses mots qui éclairent. Le souffle me répond : Écoute ! Écoute la houle jusqu'au creux du vent, au secret de ton âme qui flue et reflue, bercée à son rythme lent. Habite l'instant. Ne va nulle autre part ailleurs qu'ici et maintenant. Demeure, pour entrer plus avant dans ce mystère toujours offert.

La lumière invite mon âme à entrer dans la contemplation.

Je goûte ce moment, fruit d'une longue traversée de la solitude. Il flotte entre ciel et terre, tournoie au-dessus des eaux originelles, de leur chatoiement aux teintes métalliques.

Est-ce l'Apocalypse ? L'Origine ou la fin de notre terre entrée dans les convulsions d'un nouveau millénaire ? Le moment enfin de comparaître au jugement dernier de notre humanité sans cœur, tandis qu'une théorie d'anges passe là-haut ? Au chœur des flots rythmé de roulements de tambour percent les cris de terreur des naufragés. Les tout petits et leur mère, les jeunes gens et les hommes tous ensemble noyés, rêves engloutis.

Léviathan nous enroule dans la spirale toujours recommencée du vivant, nous attend, là où le bien et mal se rejoignent en un éternel présent.

Et le ciel et la mer lentement s'unissent, gris dans le vert, vert dans les eaux d'en haut. Le trait blanc d'une mouette signe l'écume de l'esprit du vent.

— Annick Combier

¹ Gen 1, 1-2

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